Serge Hefez : “les délinquants très violents ont souvent en commun d’avoir martyrisés les animaux quand ils étaient enfants”

Serge Hefez est un psychiatre et psychanalyste responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Dans sa chronique sur France Inter, le psychiatre commence à exposer le problème de classification entre animaux domestiques et animaux sauvages :

Cet épisode (ndlr : les ragondins maltraités par la FNSEA) qui a rendu les agriculteurs peu sympathiques nous rappelle que le code rural tout comme le code pénal n’interdisent les mauvais traitements qu’envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité.

Quand le président de la FNSEA déclare que : “Les ragondins ne sont pas des petits chiens ou chats, ce sont des nuisibles qui peuvent être méchants” , Serge Hefez lui répond : “Il oublie sans doute que les lapins sont tantôt élevés pour leur viande ou leur fourrure  tantôt pourchassés quand ils prolifèrent, tantôt hébergés comme animal de compagnie, la distinction n’est pas toujours évidente.”

Les grands délinquants ont souvent maltraités les animaux

Plus tard dans sa chronique Serge Hefez fait le rapprochement entre maltraitance des animaux et violence envers les humains :

Les criminologues le savent depuis longtemps, les délinquants très violents ont souvent en commun d’avoir martyrisés les animaux lorsqu’ils étaient enfants. La psychosociologie ne cesse de le confirmer. La cruauté envers les bêtes est un facteur prédictif de la brutalité exercée sur les humains a commencer par les plus proches.

Le psychiatre cite ensuite une étude de l’université de Denver qui met en avant des chiffres édifiants. Ainsi une femme a une probabilité cinq fois supérieure d’être violenté par son partenaire lorsque celui-ci maltraite l’animal familier de la maison.
En Suisse, une autre étude réalisée sur 3600 jeunes montre que les enfants qui ont maltraité des animaux commettent trois fois plus de délits graves que les autres.

Enfin, le psychiatre termine sur une note positive, allant même jusqu’à dire que comprendre les maltraitances faites aux animaux pourraient sauver les êtres humains :

Se pencher sur les maltraitances animales pourrait aussi nous aider à comprendre les sources de notre violence et par là même peut-être à sauver les humains

Ecouter la chronique de Serge Hefez :

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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