Catéchisme et droits des animaux

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, YOUCAT n’est pas la section de Youtube dédiée aux vidéos de chatons ! Il s’agit du cadeau personnel du pape Benoît XVI aux participants des JMJ 2011 à Madrid : le “Youcat” (YOUth CATholics) présente la foi catholique dans un langage adapté aux jeunes.

Le père Robert Culat, prêtre végétarien qui avait répondu à nos questions dans un précédent article, nous propose ici deux textes du Youcat traitant du rapport du catéchisme aux animaux, même si ce ne sont pas des textes prônant le végétarisme.

Robert CulatYOUCAT et les animaux

Youcat est le catéchisme qui s’adresse aux jeunes catholiques. Il a été édité en 2011 dans son édition française et répond au désir du pape Benoît XVI de donner aux jeunes catholiques une adaptation du catéchisme pour adultes : Le catéchisme de l’Eglise catholique.

Question 57 : Comment l’être humain doit-il se comporter avec les animaux et les autres créatures ?

Réponse : L’homme doit honorer le Créateur dans ses créatures et il doit se comporter avec elles avec soin et de manière responsable. Les hommes, les animaux et les plantes ont le même Créateur qui les a appelés à l’existence par amour. L’amour des animaux est donc un sentiment profondément humain. Certes, il est permis aux hommes d’utiliser les plantes et les animaux et de s’en nourrir, cependant il ne lui est pas permis de torturer les animaux ou de les maltraiter (« to keep them in inhumane conditions », selon la version anglaise de Youcat). Ce serait contraire à la dignité de la création, comme peut l’être la surexploitation de la terre par une cupidité aveugle.

YOUCAT cite en marge saint François d’Assise : « Toutes les créatures de la terre sentent comme nous. Toutes les créatures aspirent au bonheur comme nous. Toutes les créatures aiment, souffrent et meurent comme nous, elles sont donc des œuvres du Créateur tout-puissant, semblables à nous, elles sont nos sœurs. »

Question 437 : Quel doit être notre comportement envers les animaux ?

Fillette et cochonRéponse : Comme nous, les animaux sont des créatures que nous devons aimer et nous devons nous réjouir de leur existence, comme Dieu s’en réjouit. Les animaux aussi sont des créatures qui ont une sensibilité. C’est un péché de les torturer, de les faire souffrir, de les tuer sans raison. Cependant personne ne doit faire passer l’amour des animaux avant l’amour du prochain.

YOUCAT cite en marge Jean-Paul II : « Vous vous engagez à juste titre en faveur du respect de la santé de l’environnement, des plantes et des animaux ! Dites un oui encore plus franc à la vie humaine, qui, dans l’ordre de la création, surpasse de loin toutes les réalités du monde visible » (8 septembre 1985).

YOUCAT cite en marge Benoît XVI : « L’expérience montre que tout manque de respect de l’environnement entraîne chez les hommes une détérioration du vivre-ensemble et inversement. Il apparaît de plus en plus clairement qu’il existe un rapport indissociable entre la paix avec la nature et la paix entre les hommes » (1er janvier 2007).

Voici les éléments de réflexion que cela m’inspire :

La phrase qui dit, en parlant des animaux : “c’est un péché de (…) les tuer sans raison”, prescrit à mon sens aux catholiques d’ici et d’aujourd’hui de devenir végétariens !
En effet, dans nos sociétés développées, où le problème n’est certainement pas la carence mais l’excès d’aliments, nul besoin d’animaux dans son régime alimentaire. Ceux qui en consomment le font pour les plaisirs de la bouche, non pour une quelconque obligation nutritionnelle, quoi qu’ils en disent. Corollaire : on tue bien les animaux sans raison…

La phrase “personne ne doit faire passer l’amour des animaux avant l’amour du prochain” m’évoque un peu trop l’argument biaisé que tout végétarien entend un grand nombre de fois dans sa vie (“tu ferais mieux de t’occuper des humains”, venant en général de quelqu’un qui ne passe pourtant pas ses week-ends à trier des colis aux Restos du Cœur).  Il n’y a pas de contradiction entre la compassion accordée aux hommes et celle réservée aux animaux ! L’une et l’autre participent de la même recherche de justice et de bienveillance, et surtout l’une n’empêche pas l’autre, au contraire.
Nous avions évoqué à ce sujet le magnifique éditorial de Laurent Joffrin, qui réfute avec force ce préjugé récurrent : « On dit que les partisans de la cause animale feraient mieux de s’occuper des humains ». Pour appuyer ses dires, Joffrin convoque le fondateur de la SPA britannique, William Wilberforce, un humaniste qui a passé l’essentiel de sa vie à lutter contre l’esclavage, mais aussi Jack London, « qui englobait hommes et bêtes dans sa compassion ». Il rappelle que « la sensibilité aux souffrances animales a progressé de pair avec le souci d’une société plus charitable et avec  l’attention aux droits de l’homme

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A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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