Trop de viande dans les cantines, dénonce Greenpeace

Greenpeace a publié ce mois-ci une étude selon laquelle les élèves consomment trop de protéines animales dans les cantines scolaires. Bien sûr, leur slogan1 (“deux fois trop de viande à la cantine“) agacera ceux, comme nous, qui ont fait le choix de se tourner vers le 100% végétal. Cela reste pourtant une avancée de la part de l’ONG de protection de l’environnement. Jusque là assez tiède et consensuelle sur ce sujet pourtant capital, Greenpeace a semble-t-il décidé de passer à l’offensive face à la consommation de viande, comme le montrait sa récente bande-annonce parodique de film catastrophe.

Deux repas végétariens par semaine

Greenpeace demande ainsi officiellement au président de la république l’instauration de deux repas végétariens par semaine dans les cantines2, précisant que “lentilles, pois chiches, soja, etc. sont d’excellentes alternatives, bonnes pour la santé des enfants et goûteuses. Mais il faut savoir les cuisiner et former le personnel de cantine en ce sens.” Ce rappel est intéressant et tout à fait pertinent. 2016 a été l’année des légumineuses (dans l’indifférence générale), et les quelques restaurants collectifs qui ont joué le jeu se sont contentés de proposer une salade de lentilles froides en entrée, ou de lentilles bouillies en plat principal.

Nuggets vegans parsemés de sésame

Si Greenpeace suggère ce chiffre de deux repas sans viande sans semaine, c’est qu’il s’agit en réalité des préconisations officielles de l’de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Vous avez bien lu : nos cantines scolaires ne respectent pas les normes officielles, alors même que ces normes sont si peu ambitieuses… Les suivre serait en effet un premier pas.

Pour le bio, contre les lobbies

Outre ces deux repas sans viande par semaine, les trois autres propositions de Greenpeace sont tout à fait bienvenues. L’ONG demande à Emmanuel Macron ceci2 :

  • Augmenter la part du bio dans toute la restauration scolaire
  • Interdire la présence des lobbies dans les écoles
  • Limiter l’influence des lobbies dans les instances de décisions

Il est tout à fait satisfaisant de voir, enfin, un organisme influent reconnaître publiquement et avec insistance le rôle malsain que jouent aujourd’hui les lobbies agroalimentaires, dans la sphère politique comme dans celle de l’Education nationale :

Distribution de kits pédagogiques, animation dans les classes… Les lobbies de la viande et des produits laitiers, qui représentent des intérêts privés, ne doivent tout simplement pas intervenir dans les écoles. (…) Greenpeace demande aujourd’hui au gouvernement Macron de reprendre le contrôle de ce qui se passe dans l’assiette de nos enfants. Les professionnels de l’élevage ne doivent plus influencer ce qu’ils mangent à la cantine.

Greenpeace a fait un bond en avant. Espérons que son poids politique soit conséquent !

>> Signez la pétition !

Précisions :

  1. Greenpeace – Deux fois trop de viande à la cantine []
  2. Quatre demandes de Greenpeace à Emmanuel Macron [] []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.
  • Police des sophismes

    Certaines cantines proposent d’ores et déjà une ou deux alternatives végétariennes dans la semaine ! Vous ne me croyez pas, et si je vous dis omelette, croquettes au fromages ?… Dans l’enquête participative en cours chez Greenpeace France¹ sur les cantines françaises, ils donnent des exemples et contre-exemples détaillés pour s’assurer que les participants répondent correctement : je n’y ai vu que des exemples de menus carnés et végétaliens, or je n’ai signalé que des alternatives végétariennes (et non végétaliennes), et pour cause puisque servir un plat principal sans protéines animales dans les cantines scolaires est interdit en France².

    Sinon, je suis bien d’accord qu’il y a enfin un changement chez Greenpeace qui a longtemps préféré tourner le dos à cette solution de bon sens (même sans considérer l’intérêt légitime des animaux concernés). Difficile de déterminer si cela vient d’abord d’une évolution chez les cadres de l’organisation, ou chez les donateurs privés (quand on vit sans subvention publique, difficile de se fâcher avec le grand public en lui disant ce qu’il ne veut en aucun cas entendre), mais la ligne a bougé.

    Cette difficulté à ne pas froisser et à trouver les bons mots tout en avançant explique peut-être cette volonté de parler de repas végétarien. C’est peut-être pour ne pas s’attaquer au dessert forcément (légalement j’entends) lactée (un combat à la fois) sans pour autant pointer du doigt le plat principal et alors utiliser le mot tabou qui fait peur, végétalien. Sauf que comme je l’ai pointé au début, cette communication risque de faire pschitt auprès du grand public français pour la raison évoquée dans ma deuxième phrase. Nous verrons bien. En tout cas, je n’aimerais pas être communiquant chez Greenpeace, quel casse-tête…

    ¹ https://www.greenpeace.fr/enquete-quy-a-t-menu-cantines-scolaires/
    ² https://www.l214.com/communication/20111005-decret-restauration-scolaire

  • Police des sophismes

    Petite subtilité, l’ANSES n’a jamais préconisé/conseillé/suggéré deux
    repas sans viande par semaine en cantine scolaire, c’est Greenpeace qui
    arrive à cette conclusion (minimale) en suivant les préconisations
    générales de l’ANSES¹.

    ¹ https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/12/rapport_greenpeace_viande_et_produits_laitiers_a_la_cantine-1.pdf

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