Une conférence pour recréer des espèces disparues

Des scientifiques se sont récemment réunis à Washington DC pour participer à  une conférence parrainée par le National Geographic afin de discuter de la possibilités de redonner vie à des espèces aujourd’hui éteintes.

Cette information vous rappelle irrésistiblement “Jurassic Park” ? Hélas, l’ADN a une durée de vie théorique de 100 000 ans.

Cette fois, parmi les espèces disparues qui pourraient un jour repeupler la Terre, les scientifiques ont sélectionné 24 espèces emblématiques.

La sélection s’est faite selon trois critères :

  • La désirabilité (le spécimen en question présente-t-il une fonction écologique intéressante, est-il apprécié par les humains ?)
  • La faisabilité (les échantillons récoltés sur son ADN sont-ils exploitables ?)
  • La capacité de réadaptation (pourra-t-il être introduit dans un habitat naturel ?)

dodoEn tête du classement on trouve le célèbre dodo (éteint depuis la fin du XVIIe siècle), le tigre à dents de sabre (disparu depuis 11.000 ans), le mammouth laineux (totalement disparu il y a 4.000 ans),  la conure de Caroline, une espèce de perroquets des Etats-Unis dont le dernier spécimen est mort en 1918) ou encore le quagga, une sous-espèce de zèbre des plaines originaire d’Afrique du Sud dont le dernier individu est mort en captivité en 1883.

Ont-ils évoqué le tigre de Tasmanie, récemment déclaré disparu ? Mystère.

Un protocole scientifique pas tout-à-fait au point

Pour l’heure, les méthodes utilisées pour ramener ces espèces à la vie sont encore en cours d’étude. Le protocole consiste à prélever des échantillons d’ADN anciens et de reconstituer un génome complet, ensuite intégré dans des cellules embryonnaires. La semaine dernière, une équipe de chercheurs australiens ont annoncé avoir mis au point de cette façon un embryon vivant d’une espèce de grenouille disparue depuis des décennies.

Capra pyrenaicaSelon le National Geographic, des chercheurs français et espagnols auraient même fait mieux il y a tout juste dix ans, en 2003 : ils auraient réussi à ressusciter le bouquetin des Pyrénées, une sous-espèce de bouquetin ibérique officiellement déclarée éteinte en 2000. Néanmoins, le spécimen n’aura pas survécu bien longtemps. Seule réussite sur 57 implantations d’embryons et 7 grossesses, le petit bouquetin est mort après seulement dix minutes d’existence. Dès sa naissance, les chercheurs ont constaté qu’il avait notamment du mal à respirer, ce qui lui a été fatal.

Si des avancées sont réalisées, la création d’un véritable spécimen en bonne santé appartenant à une espèce disparue n’est pas encore pour demain.

Un projet qui soulève un débat éthique

N’oublions pas que dans la grande majorité des cas l’homme est responsable de l’extinction de ces espèces. 
De plus, la liste des espèces menacées ne cesse de s’allonger d’année en année. Certains pensent qu’il serait préférable de concentrer les efforts sur les espèces encore existantes mais sur le point de disparaître.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Edit : voici l’article très complet écrit par un lecteur à propos des techniques actuelles de clonage, et de la probabilité scientifique de parvenir à ramener l’une de ces espèces à la vie.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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