Vaches folles : “désignées comme des coupables, en aucun cas des victimes”

Donc la vache folle est de retour et ce sont les éleveurs qu’on va plaindre.

A ce sujet, Florence Burgat (philosophe) avait tout dit dans un article publié dans le Monde Diplomatique en 1996,
et dont voici un minuscule, mais non moins fondamental extrait :

Attachées aux seuls aspects sanitaires, les discussions autour de la “vache folle” occultent le sort et la condition des animaux d’abattoirs, désignés comme des coupables, en aucun cas des victimes […]

les bêtes malades ou seulement suspectes, celles dont le sang est impur, seront exterminées : la caméra est braquée sur une vache qui vacille et s’effondre sur le ciment ; le plan suivant vient rassurer le téléspectateur en montrant les fours crématoires dans lesquels on pousse les gros cadavres aux pattes raides tendues vers le haut, sous un ciel obscurci par une épaisse fumée […]

le sobriquet de “vache folle” lui-même est presque amusant, un peu enfantin : il rappelle celui de Bison futé et n’induit en rien l’idée d’un corps mortellement atteint, qui souffre, et que nul ne songe à soigner

— et que nul ne songe à soigner.

A propos de Camille Brunel

Camille Brunel
Je suis critique de cinéma & journaliste pour le magazine Usbek & Rica. J'ai écrit La Guérilla des Animaux (Alma) et le Cinéma des Animaux (UV Editions).

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