Modèle de rat synthétique destiné à l’enseignement.

VICTOIRE ! La dissection à nouveau interdite dans les écoles, collèges, lycées !

Il y a quelques mois, le ministère de l’Education autorisait à nouveau les dissections sur vertébrés dans les collèges et lycées… Elle avait été interdite en 2014, jusqu’à cette reculade.
De nombreuses associations (Antidote Europe, Pro-Anima…) se sont alors battues pour exiger le retrait de ce deuxième décret.

La ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a rédigé une nouvelle circulaire, pour assurer une nouvelle fois l’interdiction de ces dissections, cruelles et inutiles !
Cette circulaire précise que :

Dans toutes les classes jusqu’au baccalauréat, (…) il n’est plus procédé à des dissections d’animaux morts élevés à seule fin d’expériences scientifiques.

Cette circulaire du 8 juillet 2016, parue dans le Bulletin Officiel du 21 juillet, est disponible sur le site du ministère. Elle est claire : on en revient à la réglementation de 2014.

Rappel des faits

1.     Élever des animaux dans le seul but de les tuer pour les disséquer va à l’encontre de la directive européenne 2010/63/UE, puisque celle-ci promeut la réduction de l’utilisation animale et son remplacement par des méthodes alternatives (vidéo numérique, logiciels multimédia…).

Rat

2.     Sur le plan pédagogique, des études ont montré que le niveau d’apprentissage n’utilisant pas les animaux est au moins aussi performant, voire meilleur que celui lié aux dissections. Sur onze publications citées entre 1989-2006, neuf ont évalué l’acquisition de compétences en chirurgie de futurs vétérinaires, dont 45,5% (5/11) ont démontré des résultats d’apprentissage supérieurs en utilisant des alternatives ; 45,5% (5/11) ont démontré des résultats d’apprentissage équivalents, et 9,1% (1/11) ont démontré un niveau d’apprentissage moindre. Vingt et une études concernant des étudiants non vétérinaires dans des disciplines proches (biologie) ont également été publiées de 1968 à 2004, dont 38,1% (8/21) ont démontré un résultat supérieur ; 52,4% (11/21) ont démontré une équivalence, et 9,5% (2/21) ont démontré des résultats d’apprentissage inférieurs en utilisant des méthodes alternatives1.

3.     Sur le plan éthique, il faudrait également se poser la question du coût-bénéfice étant donné le nombre infime d’étudiants qui poursuivront ensuite une carrière dans la recherche biomédicale versus le chiffre grandissant d’objecteurs de conscience parmi les étudiants qui refusent les dissections, ceux-ci étant ensuite pénalisés ou stigmatisés.

4.     Les articles 4 et 47 de la directive 2010/63/UE prévoient de remplacer les animaux dans le cas où il existe des méthodes substitutives performantes. Or, les outils d’enseignement sans animaux actuellement disponibles répondent à ces critères. Pour en citer quelques exemples : la vidéo numérique, les logiciels multimédia et la réalité virtuelle, des modèles éducatifs, des mannequins et des simulateurs2.

(Ces quatre points ont été tirés de la lettre ouverte à la ministre rédigée par le Dr André Ménache, directeur d’Antidote Europe, à l’époque de la réintroduction de la dissection à l’école).

Précisions :

  1. Référence bibliographique 1 []
  2. Référence bibliographique 2 []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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