Vins et pesticides, les liaisons dangereuses

La France est le premier utilisateur européen de pesticides (62 700 tonnes en 2011).
La vigne occupe 3,7 % de la surface agricole utile et consomme 20 % des pesticides.

Malgré les plans gouvernementaux qui visent une réduction de 50 % de l’utilisation des produits phytosanitaires à moyen terme, cette utilisation a progressé dans l’agriculture de 2,6 % entre 2008 et 2010 et de 2,7 % entre 2010 et 2011.
Ces chiffres nous viennent du laboratoire Excell, fondé par Pascal Chatonnet, oenologue et gérant de plusieurs vignobles à Pomerol et Saint-Emilion.

Lors d’une conférence en février dernier, ce laboratoire a révélé les résultats d’analyses de 2007 et 2008 sur 300 vins d’Aquitaine et de la vallée du Rhône, dans lesquels Excell a recherché 50 matières actives.
Les résultats sont accablants : seulement 10 % des échantillons (principalement bios) ne contenaient aucun pesticide. Les 90 % restants en hébergeaient au moins un – souvent un fongicide – et jusqu’à neuf différents dans un seul vin.

vinSi les études sur la présence de pesticides dans les fruits et légumes, le lait ou l’eau sont courantes, elles sont rares et confidentielles pour le vin (on ne trouve guère que l’étude PAN 2008, Que Choisir 2011, ou 60 Millions de Consommateurs 2012).
Toutes aboutissent pourtant au même résultat et révèlent des traces de pesticides dans la plupart des vins, sauf les bios, même si certains de ces derniers sont parfois contaminés par le voisinage.

Le problème principal, c’est qu’il n’existe pas de LMR, ou “limites maximales de résidus” pour le vin, comme il en existe pour les fruits (dont le raisin), les légumes, le lait, l’eau…
Le consommateur comme le producteur restent dans le flou. En devenant vin, le raisin gagne une immunité en recherche phytosanitaire.

Heureusement l’exception vinicole en matière de LMR pourrait disparaître : depuis 2008, celles-ci sont fixées au niveau européen. Pour l’instant elles s’appliquent à plus de 300 produits frais ou transformés. Pas encore au vin, certes. Mais celui-ci ne pourra pas éternellement y échapper.
Pour Pascal Chantonnet, en tout cas, il est inéluctable que l’Europe fixe bientôt des limites maximales de résidus par bouteille de vin.

Son laboratoire a anticipé cette issue et propose un service nouveau, “+ Nature by Excell”, qui à partir de ses propres LMR permettrait de réduire l’usage des pesticides et d’introduire des pratiques alternatives dans le traitement de la vigne.

En attendant, la meilleure solution reste de consommer des vins bios !

Un autre article Vegactu sur la nouvelle loi concernant les étiquettes des vins : Vers des vins végans plus identifiables ?

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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