Voir ce livre comme le meilleur plaidoyer pour les animaux

J’ai beaucoup parcouru la littérature animaliste, dans leur ensemble les ouvrages sont perspicaces et mettent plus ou moins bien les mots sur ce que l’on ressent. Mais fin mai, j’ai reçu le livre “Voir son steak comme un animal mort” de Martin Gibert, et j’ai eu cette sensation toute différente en le voyant. Rien que la couverture mérite à elle seule une explication : le titre est bien évidement présent mais le terme “animal mort” est lui écrit à l’envers dans une vache, à l’envers elle aussi. Pour comprendre le titre il faut donc se retourner l’esprit, changer son point de vue, sinon on ne peut pas voir ce qu’il en résulte. Un titre, une couverture, tout est déjà dit, et la finesse de réflexion de Martin Gibert changera surement beaucoup d’esprits, que vous soyez déjà véganes, ou simple consommateur lambda qui ne s’est jamais posé véritablement la question de ce qu’il mangeait.

Martin Gibert commence par montrer qu’il n’est finalement pas si différent d’un omnivore classique, il n’oublie pas qui il était, et que lui aussi consommait des produits issus d’animaux :

J’aime la viande. L’été venu, lorsque l’odeur des barbecues envahit les ruelles de Montréal, je ravale ma salive. J’aime la charcuterie, le fromage et les mouillettes qu’on trempe dans les œufs à la coque. J’aime aussi le contact du cuir et de la fourrure. Pourtant, je ne mets plus de produits animaux dans mon assiette ou sur mes épaules. Je ne cautionne plus la souffrance animale. Je suis végane.
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Je n’aime pas particulièrement les animaux. J’ai une empathie ordinaire et je pourrais certainement faire du mal à une mouche. Enfant, j’ai entendu sans m’évanouir les cris du cochon qu’on égorge dans une arrière-cour auvergnate. Dans mon rapport aux animaux, je suis un type normal. Sauf que je suis aussi sensible aux arguments et aux raisons morales. Et aujourd’hui, ces raisons – en éthique animale et environnementale – sont devenues trop sérieuses pour qu’on rejette le véganisme d’un haussement d’épaules ou d’un revers de la main.

Plus tard il nous explique pourquoi il a écrit ce livre, qui pour nous est l’un des meilleurs sur le sujet :

J’ai écrit ce livre pour tenter d’éclairer ce point aveugle. Pour mieux saisir ce mur contre lequel bute la rationalité. Comment se fait-il que des personnes qui sont par ailleurs intelligentes, progressistes et sensibles aux injustices se crispent à ce point lorsqu’on évoque la souffrance dissimulée dans les rillettes ou le foie gras ? […] J’ai écrit ce livre parce que je me demandais si ceux qui luttent pour l’égalité ou contre les oppressions pourront encore longtemps ignorer le spécisme.

Pas question dans l’ouvrage de Martin Gibert de recenser les diverses maltraitances infligées aux animaux d’élevage, pas question non plus de faire un listing exhaustif des études de santé montrant qu’être végane ne peut être que bénéfique pour votre santé, ce livre nous offre un point de vue nouveau : Pourquoi les gens les plus écolos ou qui se disent sensibles aux animaux continuent de manger de la viande ?

Il en appelle à la psychologie, à l’éthique animale, à l’écologie, le tout est très rationnel, sourcé, et ne laisse aucune porte ouverte pour continuer à cautionner le fait de manger de la viande. Par exemple Martin nous explique, à l’appuie de diverses études, que plus les personnes sont spécistes, plus elles discriminent les différents humains et approuvent les oppressions. Preuve ultime que ce livre ne peut laisser indifférent, Laurent Joffrin, directeur de la rédaction chez Libération, a consacré une chronique nommée intentionnellement Une secte d’avenir qui oscille entre éloges et remises en question personnelles :

Martin Gibert poursuit une démonstration implacable, même pour l’auteur de ces lignes, qui n’est pas végétarien.[…]

S’il est possible de vivre sans infliger de souffrances non nécessaires aux animaux, alors nous devrions le faire.

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Disponible aussi chez tous les bons libraires.

En bonus, la vidéo de présentation du livre par Martin Gibert (qui décidément aime vraiment bien les carreaux, ça tombe bien, nous aussi) :

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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