Jeff Jordan illustre les mutations de ce monde

Jeff Jordan, c’est tout un univers, un monde, un style unique, mélange subtil entre Dalí et Magritte. Je l’ai connu à travers les pochettes d’album de The Mars Volta, groupe du célèbre Omar Rodriguez-Lopez,  et en voyant ces pochettes on se dit que c’est un parfait mélange entre réalité et imagination, avec une légère touche de science-fiction.

Les peintures de Jeff Jordan (toutes visibles sur jeffjordanart.com) mettent en scène des créatures hybrides, ou des animaux très réalistes mis en scène de façon surréaliste. En ce sens, il semble interroger notre rapport aux animaux. C’est aussi ce qui m’a intrigué, en tant que vegan.

Je reste souvent scotché devant ses œuvres, et grâce à Vegactu j’ai eu la chance de pouvoir interviewer ce grand homme.

Curiosity, par Jeff Jordan
Curiosity, par Jeff Jordan

Jeff, es-tu végétarien ?

J’aime les animaux, mais je les mange aussi. Je ne suis pas végétarien, mais je mange essentiellement de la nourriture biologique. Je ne mange quasiment pas de viande rouge, surtout des fruits de mer et du poulet. Je suis donc omnivore…

Parle nous un peu de tes peintures…

J’ai pensé dès le début que j’avais un talent pour peindre ou dessiner les animaux. J’ai toujours voulu être Dr. Dolittle, vous connaissez ? Le gars qui parle toutes les langues des animaux. J’aime la philosophie amérindienne. Ils étaient omnivores également, mais sans déchets, tout en admettant que toutes les créatures de ce monde sont liées entre elles. Je ressens ça depuis que je suis enfant. Rendre grâce pour ce que vous prenez , mais ne pas prendre tout ce que vous n’avez pas besoin. Ce n’est probablement pas une attitude typiquement américaine…

L’autre aspect important des animaux que je peins, c’est les mutations causées par la pollution et la dégradation de l’environnement. J’ai été influencé par Godzilla et tous ces autres films issus des craintes nucléaires qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Je veux que mes monstres géants ressemblent à des créatures mignonnes, à quelque chose d’assez ordinaire en fait, à part leur taille. J’aime rire, et j’ai encore plus de plaisir à faire rire les gens, à les faire croire aux scènes que je représente. Je pense qu’en mettant en scène des êtres comme des poulets et des porcs, des coléoptères, des insectes, etc, cela rend l’histoire derrière mes peintures beaucoup plus crédible qu’en peignant des lézard géant… Cela permet de développer l’Ordinaire – quelque chose comme ça.

Hostage, par Jeff Jordan
Hostage, par Jeff Jordan

Il y a une prise de conscience de ma part que ce qui affecte l’environnement affecte tout le monde. Par exemple ma chérie et moi, avec Nolan le chat et Sally la tortue, nous vivons au bout du monde – avec une vue sur l’océan Pacifique depuis notre studio. Avec l’apparition du réchauffement climatique, les routes qui sont à quelques centimètres au dessus du niveau de la mer pendant la marée haute vont bientôt être sous l’eau. Les autorités locales commencent enfin à se pencher sur ce problème – c’est merveilleux…

Parle-nous un peu de ta relation avec The Mars Volta.

C’est drôle que vous mentionnez The Mars Volta. J’ai eu un merveilleux cadre de travail avec ces gars-là pendant 5 ans. Ils sont la raison pour laquelle vous m’avez trouvé. Ce sont eux qui m’ont mis sur le devant de la scène – et je leur en serai toujours reconnaissant. C’est drôle parce que je ne les avais pas écoutés pendant un an ou deux, mais ces derniers jours j’ai écouté les albums qui vont de De Loused In The Comatorium à Octahedron, et peut-être que je n’avais pas réalisé à quel point ils étaient brillants et transgressifs. Nous étions sur la même longueur d’onde. Sonny Kay (ndlr : un autre artiste célèbre dans le milieu) dit que nous sommes comme les doigts de la main.

Un immense merci à Jeff Jordan de nous avoir consacré tout ce temps. Thank you Jeff !

A voir, notre sélection des œuvres de Jeff Jordan qui nous ont le plus interpellés :

A propos de Nicolaï Van Lennepkade

Nicolaï Van Lennepkade
Vegan, marathonien en 2009 (ça commence à dater...), je pourrais passer ma vie à écouter de la musique. Professionnellement, je suis actuellement doctorant à Toulouse spécialisé dans le traitement des images satellites pour la reconnaissance des essences forestières.

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