Top 5 des récits de Russel Banks qui plairont à un militant des droits des animaux

5) “Les outer banks” (nouvelle tirée d’Un membre permanent de la famille)

Alice et Ed sont sur la route. Alice et Ed sont “assez vieux pour savoir que ce qu’ils ne feraient ou ne verraient pas maintenant, ils ne le feraient ou verraient jamais.” Ils sont partis avec la vieille Rosie, un labrador abâtardi sauvé de la fourrière. Mais Rosie est morte ce matin.
Sa disparition plonge le couple dans la désolation, et sonne le glas de leurs rêves de septuagénaires. Oui, Rosie était visiblement bien plus qu’une chienne… Une compagne de route ? L’incarnation de leurs aspirations profondes ?

Labrador

4) “Un membre permanent de la famille” (nouvelle tirée du recueil éponyme)

Tout est dans le titre. Le membre de la famille autour duquel Russel Banks a bâti sa nouvelle, c’est Sarge, la chienne, sauvée elle aussi de la fourrière — chez Russel Banks, on éduque le lecteur. Lorsque le narrateur quitte son ex-femme et la maison familiale, il s’installe à quelques rues seulement ; il est entendu que Sarge fera résidence alternée, comme les enfants. Mais Sarge a visiblement décidé de ne pas le quitter. La chienne va ainsi altérer définitivement l’équilibre fragile trouvé par la famille après le divorce. Et modifier, bien après sa disparition, les rapports entre les êtres.

Caniche

3) “Juste une vache” (nouvelle tirée de L’ange sur le toit)

La narratrice, une américaine encore jeune qui vit dans un mobil-home et peine à nourrir sa famille, achète une vache chaque année, l’engraisse et l’abat pour passer l’hiver. Ça part mal, se dit le lecteur végé. Mais quand on lit que toutes les vaches, l’une après l’autre, sont nommées «Protéine» par la mère, on se dit qu’il y a un message implicite là-derrière. La narratrice explique donner ce nom pour éviter que ses enfants ne s’attachent à l’animal, pour qu’ils le voient comme un garde-manger et rien d’autre. Ça vous rappelle quelque chose ? Ça me rappelle furieusement, quant à moi, le déni fondateur du carnisme, savamment entretenu par la société dans son ensemble, et aujourd’hui par l’industrie de la viande.

Vache

2) “La Soirée du homard” (nouvelle tirée de L’ange sur le toit)

Stacey est serveuse dans un restaurant. Stacey a été végétarienne — et championne de ski alpin. Elle a cessé d’être végétarienne quand une chute l’a envoyée à l’hôpital, où elle ne pouvait plus se nourrir à sa guise. Certes, elle aurait pu le redevenir par la suite, pensez-vous. Vous pouvez toujours écrire à l’auteur… mais Stacey tue son patron d’un coup de carabine parce qu’il a voulu abattre un ours. Stacey a de la peine pour les homards aux pattes liées qui attendent l’ébouillantage dans l’aquarium du restaurant. Oui, il est clair que Russel Banks a imaginé le personnage de Stacey (et de son patron, qui passe du statut d’homme viril et sexy à celui de grosse brute sans pitié pour les faibles) pour nous faire réfléchir à nos rapports aux animaux.

Ours

1) “American darling” (roman)

Hannah, 59 ans, revient sur sa vie d’activiste américaine, puis sur sa fuite au Liberia. Ce qui est intéressant, c’est qu’Hannah a été une militante en faveur des droits civiques avant de se retrouver, sans l’avoir voulu, à lutter bec et ongles pour sauver les chimpanzés de la guerre civile libérienne.
Ce qui est aussi intéressant, c’est que le récit est aux antipodes du conformisme gnangnan que l’on aurait pu craindre. Non, Hannah n’est pas une admirable héroïne au grand cœur ; son ardeur à sauver les singes n’a d’égal que sa froideur et son manque d’empathie pour les victimes humaines du conflit. Une attitude qui met le lecteur constamment mal à l’aise.
On saura juste qu’Hannah, forcée de quitter les Etats-Unis où elle a commis un acte extrême, a été par hasard embauchée par un laboratoire africain où l’on teste des produits pharmaceutiques occidentaux sur des chimpanzés. Mais jusqu’au bout, on ne saura pas vraiment pourquoi, lorsque la guerre éclate, Hannah fait du sauvetage de ces chimpanzés le deuxième combat de sa vie. Cette marge de liberté laissée au lecteur ouvre tous les champs  d’interprétation…

HONDURAS-ZOO-MONKEY

 >> “Un membre permanent de la famille”

>> “L’ange sur le toit” (2€ seulement)

>> “American darling” 

Russel Banks
Russel Banks

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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