Caroline, 25 ans : “j’ai réalisé que le critère de l’espèce pour considérer des individus comme des consommables était arbitraire”

Le forum Génération Végane est une excellente initiative destinée aux jeunes végés. En partenariat avec ce site, Vegactu recueille les récits de vie des jeunes qui le souhaitent.

Bienvenue aujourd’hui à Caroline.

Quel âge as-tu ? Depuis quand es-tu végétarien(ne) ?
J’ai 25 ans, je suis végétarienne depuis 3 ans, je suis devenue végétalienne en moins d’un mois ensuite.

Qu’est-ce qui a déclenché ta prise de conscience ?
J’ai eu deux prises de conscience.
La première il y a 3 ans, après avoir vu un militant rencontré à l’occasion d’une présentation de son travail photographique. J’avais une vague idée des conséquences écologiques de l’élevage et de la pêche. Cependant je mangeais régulièrement de la volaille et des œufs, persuadée que c’était nécessaire à ma santé. Le militant m’a donné la conférence de Gary Yourofsky et Earthlings à regarder chez moi. Et visualiser la première m’a fait entrevoir que l’apport de nutriments d’origine animale n’était peut-être pas nécessaire, et qu’en conséquence cela valait complètement la peine de ne pas manger de viande si cela ne me privait de rien et avait un impact très positif, à la fois environnemental et humain.
La deuxième prise de conscience est venue plus progressivement, à force de voir passer des petites vidéos avec des animaux de toutes espèces montrant de la joie, de la peur, de l’attachement, de la douleur. Un jour j’ai réalisé que ces animaux manifestaient autant d’envie de vivre et fuyaient autant la souffrance que des humains, et que le critère de l’espèce pour considérer des individus comme des consommables/corvéables/à disposition était aussi arbitraire et irrationnel que le critère du sexe, le critère de l’ethnie, le critère de l’âge… J’ai revu Earthlings, dont j’aime cette phrase en introduction : “comme nous, ils sont le centre psychologique d’une vie qui leur est propre” ce qui à mon sens constitue notre sentiment commun d’individualité, de dignité et de liberté. Cela n’a pas particulièrement accru mon amour pour les animaux, je me suis simplement mise à les considérer comme des individus conscients et dotés de volonté.

Tes parents l’ont-ils bien accepté ?
En raison de mes études à l’époque, je ne vivais déjà plus chez mes parents, je le leur ai annoncé au téléphone juste avant de rentrer les voir. Ma mère s’est surtout inquiétée pour ma santé jusqu’à ce que je lui envoie mon premier bilan hématologique 6 mois plus tard. Elle était aussi à la fois très étonnée au vu de mon amour pour la viande saignante depuis toute petite, et j’ai dû la convaincre que mes explications n’avaient rien de dogmatiques. Mais ça n’a jamais été compliqué pour moi de manger avec mes parents, qui auparavant m’ont élevée aux légumes et à la viande de ferme occasionnelle.

Où est-ce le plus compliqué pour toi de manger végé ? (en famille, à la cantine…)
J’habite à Lyon, où les restaurants et cafés servant des plats végétaliens ne manquent pas, c’est facile de manger dehors. Lorsque je vadrouille dans une ville que je ne connais pas, je me débrouille : je peux toujours demander un sandwich de crudités – frites dans un kebab ou une pizza 4 saisons sans fromage.
La cantine près de mon boulot a ajouté un “féculent-légumes” à sa carte depuis que j’y suis, qui varie chaque fois que j’y mange.
Les situations les plus embarrassantes sont celles où je suis invitée chez des amis d’amis qui n’ont jamais rencontré de vegans et sont pris au dépourvu. J’ai été heurtée à pas mal d’incompréhension virant à l’agressivité, mais la plupart du temps je me prends surtout des blagues de type “du coup tu manges du tofu parce que tu ne veux pas toucher aux saucisses ou parce que t’es bridée ? ».
J’avais rencontré beaucoup plus de difficultés en m’adaptant à mon intolérance aux produits laitiers, quelques années auparavant (raison pour laquelle je n’ai pas eu à faire grand chose pour passer du végétarisme au végétalisme).

Quel est ton plat ou aliment végé préféré ?
J’en ai beaucoup ! Je crois que j’aime tout ce que je mange.
Mes restaurants préférés à Lyon sont le Taj Mahal (indien), Carnet Gourmand (chinois) et Le Tamanoir (crêperie), toute la partie végé de leur carte est savoureuse.
Sinon mon rapport à la cuisine est plutôt simpliste, les dosages précis et temps de cuisson à la minute c’est pas mon truc, ce qui ne m’empêche pas de varier afin de ne pas m’ennuyer. Mes plats sont souvent des recettes asiatiques adaptées sans viande, comme les woks, le ma po tofu (bon ok la recette de base est déjà vegan), le gong bao ji ding (sans le poulet), les sushis et les nems.

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Je fais régulièrement des crêpes de blé noir et je raffole de crudités avec du pesto, du guacamole ou du houmous, ça marche aussi avec les fritures. En hiver je fais des tourtes aux poireaux, et en été je fais des griller des brochettes lors des barbecues.

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En sucré je ne fais pas grand chose, mais j’aime me préparer du chocolat chaud à base de lait de riz-coco, et des cookies au beurre de cacahuètes. En janvier je fais des galettes des rois selon la recette de Marie Laforêt, la liste d’ingrédients est courte et tous les amateurs de frangipane me font de très bons retours dessus.

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Quel(s) plat(s) ou aliment(s) végé as-tu découvert(s) ?
Le pesto végétalien et le houmous lors de pique-niques, les lentilles corail en découvrant les restaurants indiens, les falafels dans les fast-food libanais. J’ai aussi goûté à des terrines végétales et similicarnés chez des amis, mais je n’en achète pas. Ah, et le sirop d’agave est parfait en remplacement du miel pour faire des marinades sucrées-salées.

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Comment te vois-tu évoluer dans la suite de ta vie ? (régime alimentaire, véganisme, militantisme…)
Je n’achète plus de produits animaux. Cependant par rejet du gaspillage, je continue d’user mes quelques affaires en cuir. Mon champ d’action se limite à ma vie personnelle car j’ai pour le moment un peu de mal à garder la tête froide dans un contexte militant, où j’ai tendance à perdre de vue que, avant de vivre le véganisme comme une évidence, j’ai moi aussi été carniste. L’activisme viendra peut-être avec un groupe de personnes dont je me sentirai proche et n’exacerbant pas ces aspects que j’estime négatifs.

Pour mieux te connaître, peux-tu nous raconter en quelques mots ce que tu aimes dans la vie, tes études actuelles etc ?
J’ai commencé mes études dans les mathématiques fondamentales, puis je suis venue à Lyon pour obtenir un diplôme d’ingénieur en informatique, depuis lequel je vis mon travail de développeur dans une start-up. Sinon, sans exceller dans rien, j’aime beaucoup apprendre toutes sortes de choses en autodidacte, comme photographier des gens, analyser des études et des thèses, coudre des costumes pour mes cours de danse… Et j’essaie de me botter les fesses pour prendre des vacances et me remettre à voyager un peu.

Merci Caroline pour ton témoignage (et tes photos, qui sont magnifiques).

Comme Caroline, vous êtes végé/vegan, vous avez 25 ans ou moins et vous voulez vous aussi partager votre histoire ? Répondez aux mêmes questions qu’elle et envoyez les réponses — avec photos — sur la messagerie FB de Génération Végane. Nous vous publierons ici.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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