Chat d’appartement : ce n’est pas une vie

Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Cloîtré pendant plusieurs années dans une chambre privée, son seul lien avec l’extérieur est une télévision. Il connaît durant 15 ans le désespoir d’être séquestré sans raison apparente… Ainsi commence le film “Old Boy” (2004).

Ce scénario m’évoque irrésistiblement le sort des chats d’appartement, privés toute leur vie de sortie. Si le réalisateur avait voulu dénoncer cette pratique en la transposant à une vie humaine, le début de son film aurait été le même.

Je ne jette la pierre à personne. Moi aussi j’ai adopté un chaton alors que je vivais en appartement, parce que j’aime les chats : quel paradoxe… Pour diminuer ma culpabilité j’ai toujours pris des appartements avec balcon, et le chat retrouvait la nature les week-ends où je rentrais dans ma famille. Mais après 3 ans où il s’est à peu près bien comporté, il n’a plus supporté la captivité, et moi je n’ai plus supporté de le voir miauler de désespoir toute la nuit : il vit maintenant en totale liberté à la campagne (chez mon père), c’est sa vraie place. C’était agréable de le câliner, c’est dommage de ne plus l’avoir avec moi, mais je ne me vois plus le priver de sa propre vie pour mon plaisir.

Bref : non ce n’est pas normal d’enfermer un chat toute sa vie. Même avec des jeux et un griffoir. Même avec un autre chat. Même si on le dorlote.

Certains me disent que si le chat n’a connu que ça, il ne peut rien regretter… Je pense que non. Je pense à ce passe de “1984 » d’Orwell où Winston, le héros, se dit que même s’il n’a connu toute sa vie que le froid, la dictature, la laideur et la solitude, il ne s’y habitue pas ; et que c’est le signe irréfutable qu’il devrait y avoir une autre existence pour lui, plus naturelle.

Vous n’en êtes toujours pas persuadé ? Je trouve que ce court-métrage d’animation (plein de talent, qui plus est) résume parfaitement le problème. On y voit un gros matou d’appartement vivre seul, délaissé par une maîtresse toujours pressée, et qui rêve en regardant par la fenêtre le jardin du toit de l’immeuble d’en face. Jusqu’au jour où il prend la poudre d’escampette…

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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