Un chasseur, par Insolente Veggie

Les chasseurs plus dangereux que les malades mentaux !

J’ai pris ce titre sur le blog du Dr Christian Colbeaux, psychiatre/psychanalyste à Lille, chef de service du CSAPA du centre hospitalier de Douai.

En 2010, il mettait à l’honneur sur son blog un article de Bertrand Gilot, psychiatre et blogueur également.

Vous pouvez lire cet article in extenso en cliquant sur le premier lien ; comme il est un peu long, je vous en fais un résumé ci-dessous.

Chiffres concernant les accidents de chasse en France (sources : statistiques de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)

  • Le nombre d’accidents de chasse mortels oscille entre 15 et 40 par an.
  • Saison 2008-2009 : 21 morts en France.
  • Blessés : 150 à 200 par saison, soit un par jour en saison de chasse.
  • Ne sont pas comptabilisés les accidents liés à la manipulation des armes de chasse hors contexte (accidents domestiques, un enfant s’empare de la carabine de papa, etc…)
  • 62 % des victimes sont eux-mêmes des chasseurs, « postés » ou « traqueurs », 6 % des accompagnants et 14% tout de même des « non chasseurs » (promeneurs…)
Un chasseur, par Insolente Veggie
Un chasseur, par Insolente Veggie

Chiffres concernant la criminalité liée aux malades mentaux en France (sources : études scientifiques compilées par notre psychiatre)

  • Elle est difficile à quantifier directement, mais l’immense majorité des 1000 homicides annuels en France sont commis par des gens « sains d’esprit ».
  • Il y a environ 12 cas par an d’homicides réellement commis par des personnes atteintes de maladie psychiatrique grave et du fait même de leur maladie (exemple : meurtre commis par obéissance à des hallucinations auditives).
Un fou (Kid Paddle)
Un fou (Kid Paddle)

Un petit calcul simple suffit ensuite à établir la dangerosité comparée de ces deux populations :

  • Concernant la schizophrénie, on peut estimer le nombre de malades en France entre 400 et 600 000.
  • On dénombre 1400 000 chasseurs inscrits à une fédération. Leur activité ne dure cependant que de Septembre à Février, environ six mois par an ; la maladie mentale s’exprime hélas tout au long de l’année : pour établir une comparaison pertinente nous devrons doubler fictivement le nombre d’accidents de chasse mortels, soit 40 cas/an.

Nous obtenons donc une mortalité induite par individu :
-> Chasse extrapolée sur 12 mois : 40 morts pour 1 400 000 chasseurs, soit 0,0000285 accident mortel par chasseur.
-> Psychoses chroniques : 12 morts pour 600 000 malades, soit 0,00002 homicide par malade.

Il en résulte donc que le chasseur est plus dangereux que le malade mental !
Remarque : il n’a pas été pris en compte le fait que la chasse n’est ouverte qu’un à deux jours par semaine, par exemple, durant la saison d’ouverture, ce qui augmente clairement le degré de dangerosité du chasseur…

Comparons maintenant le traitement par les médias des malades mentaux vs les chasseurs :

  • La population de malades mentaux a été surexposée par les médias et les plus hautes autorités du pays comme étant une fraction dangereuse nécessitant surveillance et méfiance.
  • La population de chasseurs attire traditionnellement une réelle sympathie, notamment dans le monde rural ou semi-rural, elle ne suscite guère les critiques que de quelques militants écologistes et bénéficie plutôt d’un regard bienveillant des politiques qui y voient une réserve d’électeurs facile à satisfaire.
Gentil chasseur télégénique
Gentil chasseur télégénique

Le calcul précédent montre bien que le danger n’est pas toujours là où l’on attire votre attention… Cela permettra peut-être aux gens qui vivent à la campagne ou dans les petites villes de réaliser qu’ils courent plus de risques de tomber sous les balles d’un chasseur que sous les coups d’un malade mental en rupture de soins psychiatriques. D’autant plus que les frontières de territoires de chasse ne sont pas toujours respectées par les chasseurs.

L'homme
L’homme ci-dessus ne présente-t-il pas, dans l’éducation de son enfant du moins, quelques dangereux signes de psychopathie avérée ?

Quelques faits supplémentaires qui font froid dans le dos :

  • La lecture de forums de chasse ou de faits divers indique que la chasse se pratique sans complexe dans le brouillard le plus épais, que certains fusils ont une portée de 3 à 4 km (l’éloignement réglementaire par rapport aux maisons étant de 150 mètres…), qu’il est assez courant de tirer dès que la végétation bouge un peu et sans vision directe de la proie…
  • Aucune visite médicale n’étant requise pour pratiquer la chasse, certains partent chasser malgré une maladie de Parkinson évoluée ou une acuité visuelle très déclinante.
  • Le magazine auvergnat Modergnat  expliquait très sérieusement en 2009 que les problèmes liés à l’alcool n’existent pas : « si l’on boit, c’est après ».  Pas toujours, pourtant…
  • 250 millions de cartouches par an sont tirées par les chasseurs sur le territoire français. L’immense majorité d’entre elles se retrouvent dispersées dans les milieux naturels. Cela fait au final des tonnes de plomb (neurotoxique puissant avec pour conséquences possible :

    saturnisme, stérilité, cancers divers…) déversés dans l’environnement

Voici un petit répertoire des méthodes envisagées par notre psychiatre afin de réduire le nombre d’accidents de chasse :

  • Installer un tracker GPS dans chaque paire de bottes.
  • Exiger une expertise médicale et psychiatrique approfondie pour chaque permis de chasse.
  • Limoger les préfets incompétents, fustiger les présidents de chasse inconscients de l’intérêt général et les pratiquants aveuglés par leurs traditions.
  • Leur faire rembourser les frais de soins, de SAMU, de convalescence de leurs victimes, ainsi que les frais d’enquête et de procédure.

A bon entendeur salut !

Sources : http://colblog.blog.lemonde.fr/2010/01/24/les-chasseurs-plus-dangereux-que-les-malades-mentaux/
Magazine Modergnat n°59, décembre 2009, article de Bertrand GILOT
Statistiques de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
http://mili-terre.com/article/24/927/appel-a-la-criminalisation-une-proposition-de-mode.htm

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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