Végétarisme dans la Bible : l’analyse du père Robert

Suite à notre article qui s’intéressait au végétarisme dans la Bible, et plus précisément au passage sur Caïn le fratricide, vous avez été nombreux à réagir (ici même et sur Facebook).

Le père Robert Culat a gentiment accepté de nous faire partager ses réflexions sur ce point.  Prêtre catholique du diocèse d’Avignon, il est connu pour ses prises de position en faveur de l’art contemporain et de la musique métal.

Voici comment il se définit :

Je suis végétarien depuis 2 ans environ mais je me suis toujours intéressé de près et donc documenté sur les problèmes du fonctionnement de notre système alimentaire mondial. Donc ce n’est pas seulement par rapport à la souffrance des animaux dans les élevages industriels mais aussi pour les répercussions écologiques et économiques néfastes de l’industrie de la viande.

Voici ci-dessous son analyse du végétarisme dans la Bible, et notamment du chapitre sur Caïn et Abel.

Robert Culat
Père Robert Culat

Dans ce texte il n’est pas dit pourquoi Dieu a préféré l’offrande d’Abel à celle de Caïn. Derrière ce texte il faut voir l’opposition entre les nomades (les Juifs dans le rôle des bons, éleveurs de petit bétail) et les sédentaires (les peuplades de Palestine avant l’installation des Juifs en terre promise = les méchants agriculteurs…)

Pour Caïn et Abel, l’auteur transpose donc dans les temps anciens la rivalité nomades/sédentaires et semble prendre dans un premier temps le parti des juifs nomades, mais la suite du récit montre que Dieu protège Caïn malgré son crime et que donc tout n’est pas blanc ou noir ! Verset 15.

Pour ce qui est du sujet qui vous intéresse, le végétarisme, la Bible ne peut être anti-végétarienne puisque qu’elle raconte que Dieu créateur donne un régime végétarien aux animaux et aux hommes (Genèse 1, 29.30). Le projet de Dieu créateur est pro-végétarien, clairement ! Ce n’est qu’après l’entrée du mal dans le coeur de l’homme et donc le péché que Dieu accorde aussi aux hommes un régime carnivore, après le déluge : Genèse 9,3.

Notons que ce changement de régime s’accompagne d’une restriction avec l’interdiction de manger le sang des animaux (9,4). Car pour les hébreux le sang = la vie, car le sang est assimilé à l’âme, et l’âme c’est ce qui donne la vie (d’où animal). C’est pour cette raison que la chair sans le sang n’est que cadavre. Ce qui est bien donné en français par la différence entre corps vivant = corps et corps mort = cadavre.

Dans le petit livre de Jonas enfin les animaux sont associés aux hommes dans le jeûne de Ninive (3, 7.8) et Dieu témoigne d’une attention particulière pour les animaux qui peuplent cette ville: 4,11.

Merci encore au père Robert Culat pour ses précisions.

Pour en savoir plus sur son parcours :

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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