Ahimsa milk, du lait sans cruauté ?

Ahiṃsā est une expression sanskrit qui signifie “non-violence” ou “respect de la vie”.  C’est un concept de la philosophie indienne qui repose sur les relations pacifiques avec tout être vivant. C’est aussi une composante essentielle de l’hidouisme, du bouddhisme, du jaïnisme… et plus prosaïquement du véganisme. Le terme a été pris pour nom de baptème par l’Ahimsa Dairy Foundation, une organisation britannique à but non lucratif, qui propose à la vente du lait de vache obtenu de la façon la plus végane possible, sans séparation de la mère et son veau, et sans abattage de l’un ni de l’autre, à aucun moment de leur vie. (Environ 3€25 le litre.)

Ahimsa, lait sans abattoir
“Ahimsa, lait sans abattoir”

L’initiative est intrigante, et prête à réflexion. Même si elle est très louable, elle ne me semble pas la plus pertinente qui soit. Pour deux raisons :

  1. Elle n’est pas transposable à grande échelle.
    Si l’on suppose qu’une vache doit avoir un veau tous les un an ou deux afin de continuer à produire un lait de qualité, qu’elle vit une vingtaine d’année, et peut se reproduire à l’âge de deux ans… Mes tentatives pour calculer combien de vaches et taureaux il faudrait entretenir dans un très vaste pré afin d’obtenir une production de lait de 50 000 L par an (comme le signale Ahimsa sur son site) se sont vite heurtées à la limite de mes compétences mathématiques.
    En tout cas, le nombre de bovidés menant une vie paisible sur de verts pâturages devient vite astronomique. Il est encore gérable pour une production limitée comme celle d’Ahimsa, mais en aucun cas ce modèle ne serait applicable à notre consommation laitière occidentale. On sait déjà que le principal problème de l’élevage aujourd’hui, c’est l’espace qu’il exige sur des terres arables qui ne peuvent augmenter à l’infini.
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  2. Pourquoi faire ?
    Les laits végétaux sont infiniment variés, délicieux, neutres ou goûteux, du lait d’amande ou de noisette à celui de coco, d’avoine, de quinoa ou d’amarante, entre autres ! Ils s’utilisent comme du lait de vache dans les béchamels, les crêpes et gâteaux, les céréales du matin, sans prise de tête. Pourquoi vouloir à toute force conserver le seul lait qui soit une sécrétion animale ?
    Surtout quand on pense que le lait de vache est biologiquement destiné à nourrir un bébé, qui plus est d’une autre espèce : le veau (je ne vous apprends rien). Et quand on sait qu’on y trouve toujours une petite quantité de pus issus des mamelles de la vache tiraillées par la machine à traire (il existe un taux maximal autorisé de pus dans le lait).

Bref, si je ne critique pas la fondation Ahimsa, dont j’admire l’engagement, les valeurs et le travail réalisé, je doute toujours de l’utilité de leur initiative.

Veau contre sa mère

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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