Le parcours de Ronnie Lee, fondateur de l’Animal Liberation Front

Il y a peu, Margaret Thatcher est morte. On s’émeut du coût de ses obsèques. Beaucoup ont une pensée pour les mineurs anglais économiquement sacrifiés durant son mandat, ou encore pour les indépendantistes irlandais qu’elle laissa mourir au terme d’une grève de la faim sans issue.

C’est aussi sous son mandat que Ronnie Lee, fondateur et porte parole de l’ALF (Animal Liberation Front), végétalien notoire, a été emprisonné. Participant aux premiers mouvements écologistes radicaux, il a marqué à jamais la défense radicale des animaux.

Les premières actions, directes mais légales

Ronnie Lee
Ronnie Lee

Ronnie Lee s’engage très tôt dans la défense des animaux, à la faveur de l’essor, au début des années 70, de la Hunt Saboteurs Association (HSA, Association des Saboteurs de la Chasse). Cette association vise, par des moyens légaux, à entraver le bon déroulement des parties de chasse britanniques. Alors étudiant en droit, Ronnie Lee fonde son propre groupe en filiation directe avec la HSA, puis le Band Of Mercy (Groupe de la pitié), qui cherche à combattre la souffrance animale, toujours par des moyens d’actions concrets.

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Vers des actions illicites

1973 marque un tournant dans la manière dont Ronnie Lee conçoit la défense des animaux. Deux militants du Band of Mercy s’introduisent dans un laboratoire de vivisection d’un groupe pharmaceutique pour l’incendier : cette opération commando est depuis souvent qualifiée de premier acte écoterroriste.

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Après la prison, la création de l’Animal Liberation Front

En août 1974, Ronnie Lee participe à un raid contre un laboratoire d’expérimentation animale lorsqu’ il est arrêté et condamné à trois ans d’emprisonnement. Après avoir purgé le tiers de sa peine, il est libéré en août 1976 et retrouve ses compagnons du Band of Mercy.

Logo de l'ALF
Logo de l’ALF

L’association est alors rebaptisée Animal Liberation Front (Front de libération animale), et la Grande-Bretagne se déchire sur ces actions controversées en faveur des animaux, jugées scandaleuses ou héroïques. Les moyens illégaux employés par l’ALF contraignent le mouvement à une organisation clandestine.

En 1986, après d’autres actions illégales, le leader de l’ALF est condamné à 10 ans de prison. En 1989, il fonde, derrière les barreaux, Arkangel, magazine distribué dans le monde entier et qui prône la libération des animaux ainsi que le régime végétarien – Ronnie Lee étant lui-même végétalien. Après presque sept ans d’emprisonnement, il recouvre la liberté.

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La fin de l’activisme, mais toujours la protection animale

logo'A sa sortie de prison, Ronnie Lee renonce à l’activisme, mais il se consacre aujourd’hui à la vingtaine de militants de l’ALF emprisonnés dans les geôles britanniques.

Dans une interview accordée à L’Hebdo, il n’hésite pas à qualifier Daniel Vasella, directeur du groupe pharmaceutique Novartis dont la maison a été incendiée par des militants écologistes, de “génocidaire”,prédateur et terroriste ».

Il continue à justifier la violence employée par les activistes de l’ALF et des autres organisations du même type :

N’attendez aucune compassion de ma part pour des personnes qui n’en ont aucune pour les animaux. S’ils sont blessés durant une action, c’est leur problème. Pas le nôtre. (…) Il faut s’entendre sur la notion de violence. Pour moi c’est de l’autodéfense des animaux. Ils ne peuvent pas se défendre eux-mêmes, alors qu’ils sont nos égaux.

Aujourd’hui, le phénomène initié par Ronnie Lee prend de l’ampleur partout dans le monde. Car, comme il l’explique lui-même :

Au début, nous étions six à lutter en faveur des droits des animaux. Aujourd’hui, ils sont des milliers, partout dans le monde.

Il faut savoir que l’ALF est classé dans la liste du FBI des mouvements terroristes domestiques.
Certains pays, comme les Etats-Unis avec l’Animal Enterprise Terrorism Act, ont récemment décidé d’aggraver les sanctions pénales à l’encontre des auteurs d’actes écoterroristes.
L’Animal Enterprise Terrorism Act est un texte de loi américain, voté en 2006 et promulgué par le gouvernement Bush, qui modifie et renforce un texte de 1992. Il protège les entreprises utilisant des animaux des actions illégales organisées par des activistes de la défense animale.

ALFbeagles

Un exemple de campagne de l’ALF contre le foie gras aux États-Unis en 2003

logo-Stop-GavageIl s’agit d’actions de l’ALF contre un restaurant/magasin de San Francisco sur le point d’ouvrir et qui devait se spécialiser dans la vente de foie gras. L’ALF a mené différentes actions : dommages causés au magasin (pour plus de 50.000 $), dommages causés à la maison du restaurateur, lettres de menace, acides versés sur la voiture du restaurateur.

Même si le premier article de presse se concentrait davantage sur le restaurateur que sur les canards et oies dont le foie était destiné à la consommation, les journaux se tournèrent rapidement vers la souffrance de ces animaux. Trois jours plus tard, un autre journal annonçait que « certains restaurateurs avaient repensé leur menu », et ceci a même été repris quelques jours plus par le Times de Londres. Un mois plus tard, deux grands journaux américains (le Los Angeles Times et le Time Magazine) publiaient les comptes-rendus de deux actions de sauvetage de canards et oies de l’industrie du gavage ; surtout, ces journaux présentaient les actions sous un jour favorable.

Le succès de la campagne de l’ALF fut définitivement établi lors de la parution d’un article bienveillant dans le très influent New York Times, fin septembre 2003. Depuis, le New York Times a mené une véritable polémique anti-foie gras, reprise dans les journaux du pays.

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Un exemple de campagne contre les tests sur animaux (2003 également)

StopIl s’agissait d’une action plus violente, impliquant l’explosion de deux petites bombes dans le complexe de la Chiron Corp., en Californie.  Chiron Corp. est une entreprise qui fait confiance à Huntingdon Life Sciences pour tester ses produits sur les animaux. Depuis de nombreuses années, Huntingdon Life Sciences fait l’objet de très violentes attaques par les groupes de libération animale. Ces bombes ne blessèrent personne, mais provoquèrent de gros dommages matériels.

Même si les deux explosions firent l’objet d’une couverture internationale (traitées par plus de 100 journaux au niveau américain et international), la quasi-totalité des articles était accompagnés d’explications de porte-paroles de l’ALF.

Dix jours plus tard, un article du San Francisco Chronicle suggérait que les «tactiques » de l’ALF étaient sur la ” bonne voie ” quant aux droits des animaux.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.
  • Cynthia

    Ouiiiiii Ouiiiiiii nous on aime ALF !!!

    • liligondawa

      Lui ? 😀

    • appache

      Yesss!!!!

  • appache

    il faut que le végétalisme rentre dans les ecoles! si seulement il y avait une émission sur comment manger sans aucune viande, je trouve que cela serai un bon début…..mais qui de nos “superstars” voudrais participer????
    Question à poser à nos “célébrités”

  • Rose

    DES HEROS !!!!! BRAVO ALF !!!! Continuez !!!!

  • Rose

    DES HEROS !!!!! BRAVO ALF !!!! Continuez !!!!

  • Mehdi Robert

    Il serait bien qu’une personne comme aymeric Caron fasse des choses plus concrètes, il parle souvent de son végétarisme, de la cause animal, mais ça n’est pas assez.

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