Quand McDonald’s a fermé tous ses restaurants en Bolivie…

Nous venons de vous parler des rapports qu’entretient l’Amérique du Sud avec la viande dans une série d’articles. Le bilan n’était pas glorieux pour ce continent… Pourtant, je viens de tomber sur une nouvelle des plus surprenantes : en 2002, la chaîne de restaurants McDonald’s a définitivement fermé ses portes en Bolivie.

En 2002, la Bolivie s’est donc libérée de la malbouffe de McDonald’s, qui avait pourtant lutté pendant plus d’une décennie pour conserver son icône «rouge».

Cela faisait 14 ans que MacDonald’s étaient implanté en Bolivie avec 8 restaurants dans les principales villes du pays, 14 ans de lutte pour le clown Ronald afin de ne pas faire faillite.

4ec419a45172a_crop[1]

Hélas, ce n’est pas par souci de leur santé que les boliviens boudaient les McDo…  L’entreprise a levé le camp car elle n’arrivait pas à faire du profit. Ses produits restaient trop chers pour une population qui avait du mal à joindre les deux bouts. Un repas complet dans n’importe quel petit restaurant était trois fois moins cher qu’un menu dans ce fast-food.

Autre thèse, avancée par un documentaire bolivien de 2011 qui a fait grand bruit : McDo n’aurait pas survécu dans un pays où la cuisine locale est considérée comme un trésor national. Et ce, malgré ses efforts de “bolivianiser” le fast-food en jouant de la musique typique dans les locaux et en agrémentant ses sandwichs des sauces incontournables de la gastronomie andine, comme la la “llajwa” à base de piment-tomate. Les Boliviens seraient trop fiers pour soumettre leurs papilles à l’impérialisme américain…

Le documentaire comprend des entrevues avec des cuisiniers, des sociologues, des nutritionnistes… Hélas, il n’est disponible qu’en espagnol. Le voici néanmoins, pour les hispanophones :

Le blog populaire “El Polvorin” a déclaré: « Le Fast-food représente le contraire de ce que les Boliviens considèrent comme étant un vrai repas. Pour être un bon repas, la nourriture doit avoir être préparée avec amour, dévouement avec certaines normes d’hygiène, sans OGM et avec un temps de cuisson approprié ».

McDo a servi ses derniers hamburgers en Bolivie un samedi à minuit, après avoir annoncé un plan de restructuration global dans lequel il allait fermer ses portes dans sept autres pays à faibles marges bénéficiaires. Une victoire pour la santé des peuples du sud.

Certains jouent les pessimistes : l’absence d’un McDo serait synonyme d’instabilité économique ou politique, comme l’a expliqué de façon hallucinante un professeur de sciences politiques de l’Université de Mississipi. Il  pense peut-être à l’indice Big Mac, créé par The Economist, qui compare le pouvoir d’achat tout autour du monde en se basant sur les variations du prix du Big Mac selon les pays.

Ironie de l’histoire : Burger King, l’éternel concurrent de la firme au “M” jaune, a repris les huit restaurants laissés vacants.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

Abonnez-vous, c'est gratuit !

Ne soyez pas carencé en actualité vegan, recevez chaque weekend l'essentiel de Vegactu !