Portrait d’une maman devenue végétarienne grâce à sa fille de 5 ans

Vous avez pu découvrir hier sur Vegactu l’interview de L., une petite fille de 7 ans déjà pleine de convictions, devenue végétarienne de sa propre initiative il y a déjà deux ans.

Pour compléter ce témoignage, voici celui de sa maman…

J’ai 39 ans, je suis végétarienne depuis un an, grâce à notre fille !

Elle a une passion pour les animaux, la nature, depuis toujours. Nous avons dû évoluer vers de plus en plus de respect envers les animaux, pour l’accompagner le mieux possible dans cette passion.
Très vite, elle s’est retrouvée face au problème d’aimer les animaux et de les manger, ça lui a naturellement posé problème. Elle refusait déjà depuis un moment qu’on achète des produits testés sur les animaux.

Nous avons cheminé en même temps qu’elle, de prise de conscience en prise de conscience. Nous avons le désir d’être honnêtes avec nos enfants dans l’éducation et les réponses que nous leur donnons. Ils sont instruits en famille, et c’est une grande responsabilité de répondre de manière juste à leurs questionnements, sans se voiler la face notamment.

Nous avons aussi des amis végétariens, végétaliens, vegan, ils nous ont aussi beaucoup ouvert les yeux, sensibilisés (le tout sans aucune agressivité, naturellement, juste par leurs pratiques et leurs principes), et reconnectés avec certaines choses enfouies par les années d’éducation alimentaire plutôt “traditionnelle”, même si nous étions déjà sensibilisés au bio par exemple, au fait de manger “sain”.

Un soir nous avons vu un reportage sur l’industrie alimentaire, rien de choquant par les images, ça parlait plutôt de conditionnement. Mais ça a marqué notre fille qui a décidé d’être végétarienne immédiatement ! Cela faisait longtemps qu’elle était embêtée de manger des animaux, qu’elle en parlait. Je me doutais que ça arriverait sûrement un jour, mais aussi jeune, je ne m’y attendais pas. D’ailleurs on ne savait pas si ce serait une décision durable, mais on ne lui a pas mis de pression, on a dit simplement “d’accord”.

Je pense que j’étais déjà sur le chemin du végétarisme. La sensibilité et les questionnements de ma fille notamment m’ont obligée à reconnaître que je mangeais des animaux et que ça ne m’allait pas, déjà philosophiquement parlant. Et puis j’ai trouvé dur de la voir assumer seule ce choix, être “seule”, malgré notre soutien, lorsque nous étions avec des gens qui mangent de la viande. Ça n’avait pas l’air de lui poser de problème, mais moi je trouvait ça lourd pour cette si petite fille.

Je suis vraiment fière d’elle et admirative, je la trouve courageuse et droite, pour moi c’était un exemple. Alors quelques mois après elle, je suis devenue végétarienne. Nous avons passé des vacances avec des amis végétariens, j’ai dû me rendre à l’évidence que ça coulait de source, que la viande ne me manquait pas le moins du monde, et qu’il n’y avait rien de compliqué. Une fois les vacances finies, j’ai continué comme ça. Mine de rien, L. a été sacrement contente que je la rejoigne dans ce choix.

Et finalement, je crois que rien que par notre pratique, par la générosité qui se dégage du choix du végétarisme, ça a sensibilisé mon mari, qui est lui aussi végétarien depuis quelques mois. C’est vraiment chouette. Notre fils mange encore un peu de viande de temps en temps, mais on en mangeait déjà très peu et il n’aime pas grand chose en viande. Nous ne l’embêtons pas avec ça. Je ne sais pas s’il deviendra végétarien. Je sais bien qu’on l’influence forcément par nos choix, il a le temps de faire les siens, de changer, de cheminer etc. Il aime beaucoup les plats qu’on prépare en tout cas. On ne se pose pas trop de questions en fait, nous faisons ce qui nous semble juste.

Dans l’idéal, j’aimerais être vegan, j’essaie de tendre autant que possible vers ça, mais ça n’est pas encore ça ! Pourtant, je me dis que consommer les produits laitiers, le lait, les fromages, ça induit de pires souffrances que la viande. On a encore du chemin à faire donc… On essaie de passer aux laits végétaux, pour les enfants c’est acquis, pour nous c’est moins facile, du coup on préfère limiter un maximum notre consommation, mais on est encore un peu accros au fromage.

Ce n’est pas toujours facile avec les gens qui mangent de la viande. On a presque toujours droit aux mêmes réactions pour justifier la consommation de viande. À la base, on ne fait pas de militantisme, on est simplement nous, on ne mange pas d’animaux, c’est tout. Mais il y en a que ça met mal à l’aise parce que ça les place face à leur choix de manger des animaux et du coup ils éprouvent le besoin de se raccrocher aux branches pour se justifier. Heureusement, on a aussi des amis qui ne mangent pas d’animaux, et des amis avec qui le respect réciproque va de soi, ou une sincère curiosité pour nos choix,  et on a d’autres sujets de conversations que le contenu de nos assiettes.

L., on sent bien qu’elle est davantage “militante”, elle a envie que les gens comprennent que c’est cruel de tuer et manger les animaux, des fois on doit lui demander d’y aller mollo. Ce n’est pas évident, parce qu’on est d’accord avec elle, et on ne veut pas non plus tuer en elle la force de ses opinions, on veut aussi respecter ses “combats”, que l’on trouve justes, et il faut aussi des fois ménager les susceptibilités…
On doit lui apprendre que les personnes qui mangent de la viande mangent différemment mais du coup pensent aussi différemment, et que c’est pas évident d’être compris, que ses paroles ou ses actions peuvent mettre des gens en colère parce qu’on n’a pas le même rapport à tout ça, à la nourriture, et qu’en plus pour les adultes c’est facile d’écraser une petite fille qui les embête, avec leur conscience en plus…
On doit la protéger de ça aussi, lui apprendre à bien considérer les choses, elle elle parle juste avec son cœur, et c’est pas évident de ne pas éteindre ça chez elle, et de lui apprendre à faire attention aux réactions possibles en face.

Et puis, elle se rend compte que beaucoup de ses amis sont sensibles à tout ça et aimeraient eux aussi arrêter de manger des animaux, les enfants comprennent plus vite car ils ont gardé une sensibilité qu’on perd en grandissant, avec des habitudes alimentaires qui s’incrustent. Mais la plupart n’ont pas le choix, c’est dur. Dernièrement j’ai eu un échange super avec une maman, qui m’a confié que sa fille était envieuse de la possibilité de choix de la nôtre car elle aussi aimerait devenir végétarienne, mais n’avait pas osé en parler à ses parents, sentant bien que ce ne serait pas bien accueilli. Du coup, on a pu en discuter, j’ai pu rassurer la maman qui avait surtout des craintes, par rapport à la croissance, etc, et je crois que ça a ouvert des possibilités pour elles, et que l’idée va pouvoir germer.

C’est vraiment agréable quand le dialogue n’est pas fermé, simple, et quand on dépasse les a priori, quand on est juste écouté et qu’on n’essaie pas de nous convaincre que c’est quand-même pas mal de manger des animaux. Je ne pense pas que les gens espèrent nous faire changer d’avis en réalité, ils essaient juste de s’arranger avec leur conscience.
J’ai lu récemment une petite phrase, je ne sais pas de qui elle est, mais je l’ai trouvée très bien. Ça disait en gros : ” Il est impossible de gagner dans un débat avec des végétariens ou des végétaliens, car il ne s’agit pas d’un débat contre eux, mais avec sa conscience.

Je me rends compte que la “bouffe” fait partie des “religions” françaises. Un peu comme toutes les choses qui peuvent apparaître comme des substituts maternels je pense… Les gens sont sensibles à ce sujet. Dans mon cheminement, il y a un détachement par rapport à ça, je remets peu à peu la nourriture à sa place : l’alimentation, satisfaire un besoin vital, en énergie, etc. Ça ne m’empêche pas d’apprécier les bonnes choses, d’être gourmande, mais je dédramatise, et je me concentre sur d’autres choses qui me paraissent plus importantes en ce qui concerne l’affectif.
J’ai compris que les liens sociaux, affectifs, la convivialité, l’amour, etc, toutes ces choses qu’on peut facilement mettre derrière la nourriture, ne dépendent pas de ça en réalité, et il y a des tas d’autres vecteurs beaucoup plus authentiques, profonds et cohérents qui construisent et nourrissent le plaisir d’être ensemble et de partager, les liens entre les gens.
Il n’y a qu’à voir comme les enfants, qui ont la boussole bien souvent mieux ajustée encore que les adultes, s’ennuient lors des longs repas de famille. On devrait davantage écouter et chercher à comprendre les enfants, ils ont le sens de la vie. Et il faut donc faire tellement attention à ne pas les abîmer.

Nous mangeons davantage de céréales, de légumineuses, on a découvert des “substituts” à la viande mais on n’accroche pas tellement, et on n’en éprouve pas le besoin. On n’a jamais cherché à remplacer la viande. On a découvert la protéine de soja et appris à faire des recettes savoureuses avec, comme des sauces pour les pâtes et les samoussas que L. aime tant !

Merci à L. et à sa maman pour la profondeur de leurs convictions, de leurs réflexions, et pour nous les avoir fait partager.

Deux témoignages à faire lire à tous les âges !

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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