Couteaux de boucher. A gauche : couteau à saigner.

Réflexions autour de la peine de mort : l’abolir pour les coupables, la maintenir pour les innocents ?

Farouche opposant à la peine de mort, Robert Badinter parvient à la faire abolir en 1981. Nous parlons là de la peine de mort envers les humains.

A titre personnel, je suis d’accord avec cette abolition pour les raisons que l’on sait : violation des droits fondamentaux, irrévocabilité, risque d’erreur judiciaire…

Cependant, lorsqu’on est végane, il est choquant de comprendre que dans nos sociétés dites “civilisées”, tuer un être humain jugé coupable de crimes graves est interdit tandis que tuer un être sentient innocent est autorisé, encouragé. Sous réserve de le consommer ou de lui prélever sa peau.

guillotine

Il en va de même de la torture. Proscrite par à peu près toutes les lois internationales (et à juste titre) envers les humains, même envers les violeurs ou les tueurs en série, elle est largement tolérée envers les animaux.
Prenons l’exemple de la France. L’animal, nous dit la loi, doit être mis à mort sans souffrance. Vaste hypocrisie, comme l’ont encore démontré il y a quelques jours les images d’horreur au sein des abattoirs d’Alès (plusieurs fois épinglés pour non-conformité auparavant, jamais inquiétés), comme nous le prouve l’incompréhensible exception à la règle d’étourdissement préalable accordée aux abattoirs rituels juifs et musulmans. Et comme nous le prouve tous les jours l’autorisation d’émasculer à vif, de couper les queues, les becs, d’arracher les dents sans anesthésie, de broyer des poussins mâles.

Moutons se touchent

Rappelons, une nouvelle fois, que les vaches, cochons, poulets, moutons élevés et tués pour leur chair ou leur peau sont des êtres sensibles qui ont des besoins, des désirs, des émotions, des relations sociales, des caractères distincts…
Des êtres surtout qui ressentent la souffrance à l’instar d’un humain, des êtres qui veulent vivre leur vie.
Ils ont pour certain conscience d’eux-mêmes1, de leur reflet dans le miroir, ils résolvent des tests d’intelligence2,3
Veaux, agneaux, ils sont encore des bébés.
Ils sont en tous les cas innocents de tout crime envers l’espèce humaine. Espèce humaine dont la santé se porte mieux en s’abstenant de consommer leur chair.
Comment peut-on aujourd’hui continuer à accepter l’idée que leur mise à mort systématique, que les traitements iniques qu’on leur inflige durant leur vie d’ennui, de détresse et de souffrance, soient toujours légaux, alors que le traitement réservé à des humains ayant torturé, violé ou assassiné leurs semblables a été adouci, encadré, bref, humanisé ?

Si vous êtes carniste (mangeur de viande) et opposant à la peine de mort, ceci est à méditer.

Choose life (pig)

  1. Les cochons et le test du miroir. []
  2. Un pigeon résout le test de la boîte et de la banane. []
  3. Les cochons sont au moins aussi intelligents que des enfants de 3 ans. []

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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