3 raisons de ne pas manger de miel

Abeille
Crédits : 7ecologique.fr

Le fait de coller au plus près à la définition de végan (« qui ne consomme pas de produits ou sous-produits animaux ») ne constitue pas vraiment un argument recevable. Nous ne recherchons pas une aura de sainteté ou de perfection, mais en tant que végans nous nous efforçons de réfléchir aux conséquences de nos actes sur le règne du vivant. Ce que nous consommons ou pas ne doit pas être un dogme, mais simplement être réfléchi.

Voici 3 bonnes raisons de ne pas manger de miel :

 1° La production de miel n’est pas respectueuse du bien-être des abeilles

Pour récolter le miel mais aussi la cire, le propolis et la gelée royale, il faut chasser les insectes de leur ruche. La technique la plus utilisée consiste à enfumer la ruche, mais certains utilisent des répulsifs. Durant le processus, des abeilles sont intoxiquées ou écrasées.

Les reines voient souvent leurs ailes coupées pour s’assurer qu’elles demeurent dans la ruche.

Certains producteurs de miel plus respectueux que les autres s’assurent de laisser à leurs abeille un minimum de miel pour passer l’hiver, néanmoins dans tous les cas le miel prélevé est remplacé par du simple sirop de glucose, pauvre en nutriments, sans vitamines ni enzymes. Normalement, le miel est la seule source de nourriture de l’insecte durant la saison froide. Une quinzaine de grammes de ce miel a nécessité un millier d’aller-retours pour collecter du nectar !

Dans certains cas, les colonies d’abeilles domestiques sont détruites après la récolte, car l’importation au printemps de nouvelles colonies reviendra moins cher à l’apiculteur que de s’en occuper durant l’hiver.

En résumé, il y a une distinction à faire entre le fait pour l’humain de se débarrasser d’un agresseur (pou, puce…), qui est légitime, et l’exploitation délibérée des abeilles.

Abeille domestique
Abeille domestique

2° Cette exploitation est inutile

Il existe toute une gamme de produits de substitution, rigoureusement équivalents, dont les goûts et qualités nutritives ne sont plus à prouver. Le sirop d’érable et le sirop d’agave, notamment, présentent une texture similaire à celle du miel, mais aussi des goûts proches et délicieux. Le second présente de plus la vertu d’un pouvoir sucrant très élevé : une petite quantité suffit pour sucrer autant qu’une grande cuillerée de miel ou de sucre.

Pour varier les plaisirs, d’autre aliments comme le sirop de manioc, trop méconnu, restent toujours très proches du miel mais permettent de s’ouvrir à de nouvelles et délicieuses saveurs.

Sirop d'agave
Le sirop d’agave : un fort pouvoir sucrant mais un index glycémique bas

 3° L’élevage d’abeilles domestiques nuit à la biodiversité

On l’ignore souvent, mais il existe des variétés d’abeilles sauvages (dont certaines ne se regroupent pas en colonies), qui ne produisent pas de miel mais se nourrissent uniquement de pollen.  Outre l’abeille domestique, plus de 25 000 espèces d’abeilles, appartenant à une dizaine de familles, collectent du pollen et du nectar.

Ces insectes ont souvent un rayon d’action limité (contre une dizaine de km pour leurs congénères domestiques). En outre, pour partir butiner le matin, une abeille a besoin de s’être réchauffée. Les ruches étant maintenues à une température assez élevée par les apiculteurs, les abeilles domestiques peuvent les quitter de très bonne heure. Ces deux différences confèrent un net désavantage à toutes les abeille sauvages, qui voient leur niche écologique occupée.

Or, certaines espèces végétales ne peuvent être pollinisées que par une variété d’abeille spécifique. Il en va de même pour les bourdons, et pour d’autres espèces pollinisatrices, dont nous devrions prendre soin.

Une abeille sauvage menacée par l'abeille domestique (apis mellifera, ou abeille solitaire)
Une abeille sauvage menacée par l’abeille domestique (apis mellifera)

Edit du 6 janvier 2013 :

Plus de détails sur l’argument écologique à travers notre second article sur le miel.

Pour les sources :

– Faut-il favoriser l’Abeille domestique Apis mellifera en ville et dans les écosystèmes naturels ? par Guillaume LEMOINE 
http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i137villemant.pdf
– Le documentaire Arte X:enius consacré aux abeilles
– A propos du fait de couper les ailes des reines, une simple recherche google vous fera apparaître un très grand nombre de paroles d’apiculteurs qui pratiquent cette méthode, cela s’appelle le clippage.

A propos de Lili Gondawa

Lili Gondawa
Professeur des écoles à Toulouse, j'adore l'archéologie, l'histoire de l'art et la littérature. Je suis donatrice mensuelle et ponctuelle à L214, organisation de défense des animaux.

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